Pour se nourrir, la végétation prélève dans la terre les éléments nutritifs dont elle a besoin. Pour ne pas que le sol d’une pâture s’appauvrisse progressivement, il peut être utile d’apporter des fertilisants dont l’utilisation modérée, permet d’optimiser l’exploitation des pâtures. Quels engrais employer, comment limiter leurs effets négatifs, quand et comment les épandre ? Voici nos conseils.

Un cheval peut consommer facilement 50 kg de végétation par jour. Lors d’un pâturage trop intense, par manque de superficie par exemple, l’herbe de remplacement ne peut pas trouver dans la terre suffisamment d’éléments nutritifs. Ces éléments sont naturellement apportés par : les végétaux décomposés, l’azote atmosphérique fixé par les bactéries contenues dans les légumineuses ainsi que les crottins. Face à un manque, il peut être nécessaire d’apporter des engrais contenant de l’azote, du phosphore, de la potasse, etc.

Bien fertiliser son sol

Dans bien des cas, la superficie à pâturer est inférieure à un demi-hectare (5000 mètres carrés) et il s’avère utile de fertiliser le sol pour éviter qu’il ne s’appauvrisse progressivement. Toute fertilisation doit cependant être entreprise progressivement et sans excès pour éviter les effets polluants. La principale intervention à la sortie de l’hiver a pour action de favoriser l’accélération de la vitesse de croissance de l’herbe. Ce qui permet notamment de mettre les chevaux plus tôt en pâture. Il faut cependant attendre que la pâture soit sèche et que le sol soit suffisamment portant. On limite ainsi l’enfoncement des sabots détruisant l’herbe jeune qui a déjà du mal à prendre sur des racines encore fragiles.

La fumure

Pour repartir et pousser dans de bonnes conditions après le sommeil hivernal, l’herbe a besoin non seulement d’eau, d’air, et de lumière, mais également de macroéléments et d’oligoéléments. Ceux-ci entrent dans ce qu’on appelle généralement la « fumure de fond » et le « chaulage »

La condition pour une fumure optimale des prairies est une analyse de sol. C’est la seule façon de connaître la réserve en élément nutritifs minéraux dans le sol et constater un surplus ou un déficit en éléments.

La cyanamide calcique est le seul engrais azoté qui, par son azote progressif, donne une croissance continue et combat en même temps les mauvaises herbes. Ainsi, la cyanamide calcique repousse le pissenlit, la véronique, le mouron et également la mousse, le renoncule et la cardamine des prés sans nuire aux trèfles. De plus, cet engrais à la propriété de détruire les œufs et les larves de différents parasites (notamment les larves de strongles) ainsi que les larves des insectes qui détériorent les prairies (larves de tipule et de bibion).

Comme fumure de printemps, on épandra 400 kg/ ha de cyanamide calcique sur un sol humide mais non mouillé. Un second épandage pourra se faire seulement après la deuxième période de végétation, respectivement après le fauchage jusque mi-juillet avec 150 kg / ha d’engrais azotée.

Pour la fumure de fond, qui doit se faire en dehors de la période de pâturage, on emploie de préférence des engrais qui, à côté des éléments nutritifs majeurs, apportent aussi des éléments mineurs. Avec 300 à 500 kg/ha de phospho-potassique (suivant la composition du sol indiquée après analyse) les besoins en potassium, magnésium, sodium et souffre sont assurés.

La meilleure manière de procéder consiste donc à faire une analyse de sol, pour déterminer ses besoins exacts. Quelque soit l’engrais, il est nécessaire d’attendre qu’il soit dissous, avant de remettre les chevaux à pâturer.

Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos