Quelle que soit la période de l’année, mais encore davantage en été, l’abreuvement de nos chevaux est un facteur important pour garantir leur bien-être. Comment éviter les coups de chaleur ? Comment limiter les risques de colique liés à une déshydratation ? Quels sont les besoins de vos chevaux ? Je vous dis tout dans cet article !


Abreuvement des chevaux : eviter les coups de chaleur, risque de coliques

Attention aux coups de chaleur !

L’eau est le premier nutriment vital. Sans eau, la mort est assurée en quelques jours, pour les équidés comme pour tous les autres animaux d’ailleurs !

Cependant, chez un cheval, un manque d’eau (même relatif, d’une journée par exemple) peut suffire à induire des coliques. La vigilance est donc de mise ! Attention donc aux pannes courantes (l’abreuvoir automatique bouché reste malheureusement la panne classique) et aux problématiques liées à l’utilisation des différents équipements d’abreuvement (le cheval ne sait pas correctement utiliser son abreuvoir automatique par exemple).

Votre cheval est régulièrement travaillé ? Il fait chaud ? Son attitude est anormale ? C’est peut être un coup de chaleur ! Pour en avoir « le cœur net », faites le test du « remplissage capillaire » : en appuyant avec le doigt sur la gencive, la muqueuse devient blanche. Elle redevient normalement rose quand la pression est relâchée en 1 seconde. Si le délai est supérieur à 1 seconde, il y a donc une augmentation du temps de remplissage capillaire.

A-t-il bu suffisant d’eau ? Comment réagir face à un tel cas ?

Comment l’eau est-elle éliminée ?

Tout au long de la journée, et quelle que soit son activité, l’organisme du cheval perd progressivement de l’eau par de nombreuses voies : la sueur et les urines, bien sûr, mais aussi la respiration, les crottins ou encore la production de lait et le fœtus pour les juments poulinières.

Le seul moyen de récupérer cette eau éliminée est d’en ingérer, par l’intermédiaire de l’eau d’abreuvement et des aliments. Lorsque le cheval est au pré et est nourri quasi exclusivement d’herbe, l’eau contenue dans ce fourrage vert permet de couvrir les pertes minimales. Mais en période de fortes chaleurs, de stress, d’effort, durant la gestation et la lactation ou la croissance … la mise à disposition d’eau, même au pré, est nécessaire pour garantir la bonne santé du cheval.

Quels sont les besoins en eau du cheval ?

En cas de température modérée (15-20°C), les besoins en eau du cheval adulte s’élèvent à environ 3 à 4 litres par kilo de matière sèche ingérée, soit encore 6 litres pour 100 kg de poids corporel, ce qui représente un total de 30 litres pour un cheval de 500 kg.

De nombreux paramètres peuvent néanmoins influencer cette valeur de base, au premier rang desquels on trouve la température ambiante. Ainsi, lorsqu’elle descend à -18°C, le besoin est un peu inférieur, de l’ordre de 4 litres pour 100 kg de poids corporel, tandis qu’à +38°C, il est très nettement supérieur, de l’ordre de 16 litres pour 100 kg de poids corporel. Le type d’alimentation influence aussi la consommation d’eau : plus la ration est sèche (foin, concentrés), plus le besoin en eau par abreuvement augmente car le cheval retire peu d’eau de ses aliments. La reproduction, et en particulier la lactation, influence aussi les besoins en eau. Enfin, le travail induit une perte d’eau par la sueur qui doit être compensée, pendant l’effort si celui-ci est long, et après s’il est bref.

Comment réagir en cas de coup de chaleur ?

Votre cheval est victime d’un coup de chaleur ? Voici les 6 étapes à suivre pour le soulager :

  1. Arrêter immédiatement le travail.
  2. Amener le cheval à l’ombre dans un endroit frais et aéré (utilisation de ventilateurs par exemple).
  3. Le rafraîchir par tous les moyens à disposition, avec douche, bouteille ou linge humide. Arroser doucement avec de l’eau fraîche mais pas trop froide la tête, l’encolure, la poitrine et les membres. Insistez particulièrement sur la nuque où siègent les centres nerveux responsables de la régulation thermique. Faire toujours suivre la douche d’un essorage au couteau de chaleur pour ne pas que l’eau se réchauffe et réchauffe à nouveau l’organisme. En suivant cela, la température peut baisser de deux degrés en dix minutes.
  4. Lui donner à boire de l'eau non glacée.
  5. Prendre la température régulièrement pour vérifier qu’elle baisse rapidement.
  6. Si possible, masser le cheval doucement sur toutes les parties musculaires du corps pour faire circuler le sang vers les organes plus profonds.

Si le cheval ne récupère pas très rapidement avec ces quelques soins, le vétérinaire doit être appelé de toute urgence pour perfuser le cheval. Si le cheval refuse de boire spontanément, et après avoir soigneusement vérifié que le transit intestinal n’est pas arrêté, le vétérinaire pourra administrer un liquide réhydratant par une sonde naso-oesophagienne.

Le rétablissement de l’ensemble des fonctions vitales peut prendre du temps : selon la gravité, le cheval doit être mis au repos de façon prolongée.

Vous l’avez compris en période de fortes chaleurs, la prévention reste la priorité ! Pensez donc aux éléments clés :

Vérifier que de l’eau fraiche est disponible à volonté.
Abreuver régulièrement pendant le transport et entre les épreuves sportives ou lors de pauses en randonnée.
Mettre à disposition une pierre à sel et en cas de forte transpiration supplémenter avec des électrolytes.
Eviter le travail intensif et les transports aux heures les plus chaudes de la journée.
Veiller à procurer un abri ombragé et ventilé.
Tondre les chevaux à poils longs et épais.
Ne pas hésiter à doucher les chevaux qui transpirent.
Prévoir une période d’adaptation aux climats chauds de 2 ou 3 semaines avant de réaliser un exercice intense.
Donner des aliments rafraichissants : mashes, carottes, pommes... une ou deux fois par semaine.

Prêts pour les fortes chaleurs ?


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos