Foin VS enrubanné : Effets sur la digestion et l’exercice pour le cheval

Les fourrages enrubannés ont fait leur apparition en France il y a quelques années. Ce type de fourrage présente plusieurs avantages et est, par conséquent, de plus en plus utilisé en élevage équin. Nous vous proposons donc dans cet article de faire le point sur les différences entre le foin et l’enrubanné et leurs effets respectifs sur la digestion et l’exercice chez le cheval.

Foin et enrubanné : quelles différences ?

La récolte, à l’origine des différences entre l’enrubanné et le foin

La différence principale entre le foin et l’enrubanné réside dans le taux de matière sèche (MS) du fourrage qui varie en fonction de la méthode de récolte. L’herbe, telle qu’on la trouve dans les prairies, a un taux de MS d’environ 20%. Le foin affiche un taux de MS aux alentours de 85% tandis que le taux de MS de l’enrubanné est généralement compris 55 et 75 %.

La première partie du processus de récolte est identique aux deux fourrages : on fauche l’herbe présente sur une parcelle puis on la laisse sécher à même le sol. Mais contrairement au foin qui est pressé et mis en botte après plusieurs jours de séchage, l’enrubanné est pressé dans les 48 à 72 heures suivant le fauchage et mis sous film plastique rapidement (maximum dans les 24 heures suivant le pressage et sans pluie). La méthode d’enrubannage permet de mettre en œuvre la fermentation des sucres du fourrage par des bactéries en l’absence d’oxygène pour assurer la conservation de l’aliment. A noter que l’enrubanné est généralement récolté plus tôt dans la saison, lorsque les sols sont encore trop froids pour faire du foin.

Des valeurs nutritionnelles et une appétence plus élevées pour l’enrubanné

Les fourrages enrubannés sont très appétant et indemnes de poussière. Ils sont donc particulièrement bien indiqués pour les chevaux présentant des affections pulmonaires (allergies, emphysème…).

De plus, si la qualité nutritionnelle de l’enrubanné dépend bien entendu des espèces végétales qui composent l’herbe (il est conseillé de ne pas excéder 50% de légumineuses), des conditions climatiques lors de la récolte et de son taux de MS, les valeurs nutritionnelles de l’enrubanné sont généralement meilleures que celles du foin.


Variations de la valeur nutritionnelle UFC (kg de MS) Teneur en énergie MADC (g/kg de MS) Teneur en protéines
Enrubanné 0,6 à 0,8 30 à 160
Foin 0,45 à 0,7 20 à 120

L’enrubanné : des conséquences bénéfiques pour la digestion du cheval

La différence de digestibilité entre enrubannage et foin a été mise en avant lors d’une étude menée sur des chevaux à l'entraînement. Les fourrages ont été fauchés le même jour sur la même parcelle, seules les conditions de stockage ont été différentes. Les valeurs nutritionnelles d'origine et la composition des fourrages étaient donc identiques.

Si la digestibilité de la fraction de fibres NDF (fibres détergent neutre) des fourrages était sensiblement identique, la digestibilité de la fraction de fibres ADF (fibres détergent acide) et des protéines brutes étaient plus élevées pour l’enrubanné que pour le foin. La digestibilité totale (et donc l’assimilation de sa ration par le cheval) est donc plus élevée pour l’enrubanné que le foin.

Cette meilleure digestibilité peut être due aux manipulations moins nombreuses lors du processus d’enrubannage. En effet, lors de la fenaison (séchage du foin) les feuilles plus fines (et plus nutritives !) se fragilisent davantage et tombent au sol. Il est également possible que la solubilité de la fraction de fibres, et donc sa digestibilité, soit augmentée par le processus d’ensilage.

Foin ou enrubanné, des effets similaires pour le cheval à l’exercice

Différentes études ont été menées sur des chevaux à l'entraînement, ayant pour objectif de comparer leurs performances et leurs constantes avant et après effort, en fonction d’une alimentation à base de fourrage enrubanné ou de foin. Si une différence a déjà été mise en évidence par plusieurs études sur ces thématiques entre un régime à base de fourrage uniquement et un régime composé de fourrages et de concentré, aucune différence majeure n’a pu être identifiée entre les chevaux nourris au foin ou ceux nourris à l’enrubanné.

Seulement, l’enrubanné étant récolté plus précocement que le foin, il présente naturellement un taux de protéines plus important pouvant mieux correspondre aux besoins du cheval athlète.

En conclusion

L’enrubanné présente une meilleure digestibilité et ses protéines sont mieux assimilées que celles d’un fourrage sec, ce qui permet d’optimiser les rations distribuées aux chevaux (on donne plus de foin que d’enrubanné pour un apport en valeurs nutritionnelles égal).

Cependant, une attention particulière est à apporter à la qualité et la gestion de l’enrubanné (pas de moisissure, consommation de la balle dans les 5 jours suivant l’ouverture …) afin d’en garantir les bénéfices. Il est également recommandé de ne pas donner de fourrages trop humides aux chevaux au risque de provoquer des dérèglements de leur tube digestif (on évitera donc les enrubannages destinés aux bovins, présentant généralement un taux de MS inférieur à 50 % et ne correspondant pas au métabolisme des équins).


Louise JEGARD
Chef de Produit Équidéos