Alimentation sans céréales du cheval : mythes et réalités
L’alimentation sans céréales est devenue un sujet incontournable dans l’univers de la nutrition équine. De plus en plus de propriétaires recherchent un aliment sans céréales pour leur cheval, notamment pour privilégier une alimentation riche en fibres ou mieux maîtriser les apports en amidon. Mais que signifie réellement « sans céréales » ? Un aliment sans céréales est-il forcément sans amidon ? Est-il nécessairement meilleur pour la santé du cheval ? Un cheval de sport peut-il couvrir ses besoins énergétiques avec une alimentation sans céréales ? Entre idées reçues, raccourcis marketing et véritables enjeux nutritionnels, il n’est pas toujours facile de s'y retrouver.
Chez Équidéos, nous défendons une approche simple : la question n’est pas seulement de savoir ce qu’un aliment ne contient pas, mais surtout de comprendre ce qu’il apporte au cheval. Décryptons ensemble les principaux mythes autour de l’alimentation sans céréales.
Pourquoi parle-t-on autant d’alimentation sans céréales ?
Avant de parler de « sans céréales », il est important de revenir au fonctionnement alimentaire du cheval. Le cheval est un herbivore dont le système digestif est particulièrement adapté à la consommation régulière de fourrages. Les fibres sont notamment fermentées par la flore microbienne dans le gros intestin, permettant au cheval de valoriser une partie de leur énergie. Le fourrage doit donc constituer la base de la ration. Les céréales, quant à elles, sont particulièrement riches en amidon. Elles peuvent donc être utilisées comme source d’énergie concentrée lorsque les besoins du cheval sont importants, mais leur utilisation nécessite de maîtriser les quantités distribuées et de fractionner les repas. C’est dans ce contexte que les aliments sans céréales se sont développés : l’objectif est de construire des aliments capables d’apporter l’énergie et les nutriments nécessaires au cheval en s’appuyant davantage sur les fibres digestibles, les matières grasses et d’autres matières premières. Mais attention : « sans céréales » ne veut pas dire « alimentation parfaite ».
Mythe n°1 : « Sans céréales = sans amidon » FAUX
C’est probablement l’une des principales confusions autour de l’alimentation sans céréales. Un aliment peut être sans céréales tout en contenant de l’amidon. L’amidon n’est pas exclusivement présent dans les céréales. Certaines matières premières végétales en contiennent également (comme la féverole ou le pois par exemple). Par conséquent, regarder uniquement la mention « sans céréales » ne permet pas de connaître la quantité d’amidon apportée par un aliment.
C’est donc la teneur réelle en amidon de l’aliment, puis la quantité distribuée dans la ration, qui doivent être prises en compte. Cette distinction est particulièrement importante pour les chevaux pour lesquels la maîtrise des apports en amidon est recherchée.
À retenir : Sans céréales ≠ sans amidon
Si votre objectif est de réduire l’amidon, consultez l'analyse nutritionnelle de l’aliment et non uniquement la liste d’ingrédients.
Mythe n°2 : « Sans céréales = moins énergétique »FAUX
Les céréales sont une source concentrée d’énergie grâce à leur teneur en amidon. Mais elles ne sont pas la seule façon d’apporter de l’énergie au cheval. Les fibres digestibles peuvent contribuer de manière importante à la couverture énergétique grâce à leur fermentation dans le gros intestin. Les matières grasses constituent également une source d’énergie concentrée, sans apporter d’amidon. Il est donc parfaitement possible de concevoir un aliment sans céréales capable d’apporter une quantité importante d’énergie. Pour un cheval de sport, par exemple, l’objectif n’est pas nécessairement de supprimer toute source d’énergie rapidement disponible, mais de construire une ration permettant de couvrir les besoins énergétiques tout en maîtrisant les apports d’amidon et en maintenant une quantité suffisante de fibres. C’est par exemple le cas de notre formule , qui est très riche en énergie avec plus de 12% de matière grasse. Cette formulation permet de convenir aux besoins très élevés des chevaux de courses ou de sport.
À retenir : Une alimentation sans céréales n’est pas nécessairement moins énergétique.
L’énergie peut être apportée par plusieurs sources : fibres digestibles, matières grasses et, selon la formulation, différentes matières premières complémentaires.
Mythe n°3 : « Sans céréales = forcément meilleur pour la digestion » À NUANCER
C’est une affirmation séduisante… mais trop simpliste. La santé digestive du cheval ne dépend pas uniquement de la présence ou de l’absence de céréales.
Elle dépend de l’ensemble de la conduite alimentaire :
- quantité et qualité du fourrage
- durée des périodes de jeûne
- quantité d’aliment concentré distribuée
- apport total d’amidon par repas
- volume et fréquence des repas
- qualité des matières premières
- transitions alimentaires
- état de santé et besoins individuels du cheval.
La ration doit être constituée d’au moins 50% de fourrage et les concentrés distribués doivent être fractionnés, ainsi que la nécessité d’effectuer des transitions progressives lors des changements de ration.
Un aliment sans céréales distribué en quantité excessive, associé à un manque de fourrage, ne constituera donc pas automatiquement une meilleure ration.
À retenir : Ce n’est pas uniquement l’absence de céréales qui fait la qualité d’une ration : c’est son équilibre global.
Mythe n°4 : « Tous les chevaux devraient être nourris sans céréales » FAUX
Il n’existe pas une alimentation unique adaptée à tous les chevaux.
Les besoins nutritionnels varient notamment selon :
- le poids et l’état corporel
- l’activité physique
- le niveau de performance
- l’âge
- le stade physiologique
- la qualité du fourrage
- les éventuelles sensibilités individuelles.
Le choix du concentré doit être réalisé en fonction du stade physiologique, de l’état corporel et de l’activité de l’équidé. Un cheval vivant au pré avec un bon fourrage et de faibles besoins peut parfois n’avoir besoin d’aucun aliment concentré. À l’inverse, un cheval de sport ayant des besoins énergétiques élevés peut nécessiter une complémentation importante. Le choix « avec ou sans céréales » doit donc toujours être replacé dans le contexte de la ration.
À retenir : Le meilleur aliment est celui qui répond aux besoins du cheval.
Le « sans céréales » est une stratégie de formulation, pas une obligation nutritionnelle pour tous les chevaux.
Mythe n°5 : « Sans céréales = forcément riche en fibres »FAUX
Là encore, il faut regarder la formulation. Un aliment peut être dépourvu de céréales sans pour autant être particulièrement riche en fibres. À l'inverse, certains aliments contenant des céréales peuvent présenter une proportion intéressante de fibres. Pour comprendre réellement un aliment, il faut donc regarder son analyse nutritionnelle : fibres, énergie, protéines, matières grasses, amidon, sucres, minéraux et vitamines. Et surtout, il faut considérer l'aliment dans le contexte de la ration complète. Le fourrage reste la principale source de fibres de la ration et constitue la base de l’alimentation du cheval.
À retenir : « Sans céréales » et « riche en fibres » ne sont pas synonymes.
Mythe n°6 : « Un cheval de sport ne peut pas être nourri sans céréales » FAUX
C’est une idée reçue particulièrement tenace. Les chevaux de sport ont effectivement des besoins énergétiques parfois élevés. Mais cela ne signifie pas que l’énergie doit obligatoirement provenir des céréales. Une formulation sans céréales peut associer différentes sources d’énergie, notamment fibres digestibles et matières grasses, afin de proposer une alimentation suffisamment énergétique.L’objectif est donc de raisonner sur la densité énergétique de l’aliment et de la ration, et non simplement sur la présence de céréales.
À retenir : Oui, un cheval de sport peut être nourri avec une alimentation sans céréales, à condition que la ration soit correctement construite et couvre ses besoins.
Mythe n°7 : « Sans céréales = sans risque » FAUX
Supprimer les céréales ne permet pas de supprimer tous les risques nutritionnels.
Un cheval peut recevoir une alimentation sans céréales mais :
- recevoir trop d’énergie
- recevoir trop peu de fibres
- avoir des repas trop importants
- subir des changements alimentaires trop rapides
- recevoir une ration déséquilibrée en minéraux
- ou encore recevoir une quantité d’aliment inadaptée à ses besoins.
La nutrition équine est donc une question d’équilibre et de quantité, et pas seulement de choix d’ingrédients.
Alors, que faut-il réellement regarder dans un aliment sans céréales ?
C’est probablement la question la plus importante. Lorsque vous choisissez un aliment pour votre cheval, ne vous arrêtez pas à la mention « sans céréales ».
- La teneur en amidon
Si vous recherchez une alimentation pauvre en amidon, vérifiez la teneur réelle de l’aliment. L’apport total dépend ensuite de la quantité distribuée.
- La teneur en sucres
Les sucres doivent également être pris en compte lorsque l’objectif est de maîtriser les apports en glucides rapidement disponibles. - La qualité et la quantité des fibres
La fibre constitue le cœur de l’alimentation du cheval. Mais toutes les fibres ne se valent pas : leur digestibilité et leur rôle nutritionnel peuvent varier. - La densité énergétique
Un aliment sans céréales peut être peu ou très énergétique. Il faut donc vérifier sa valeur énergétique et l’adapter aux besoins du cheval. - Les matières grasses
Les matières grasses constituent une source d’énergie intéressante et concentrée, sans apport d’amidon. Leur présence peut notamment contribuer à construire des aliments énergétiques tout en limitant la dépendance aux céréales. - Les protéines et les acides aminés
L’objectif n’est pas simplement de fournir « beaucoup de protéines », mais de répondre aux besoins du cheval en quantité et en qualité, notamment en acides aminés essentiels. - Les vitamines et minéraux
Un aliment complémentaire ou complet doit être choisi en fonction de la ration globale afin de couvrir correctement les besoins en minéraux, oligo-éléments et vitamines. - La quantité distribuée
Un excellent aliment peut devenir inadapté s’il est distribué en quantité excessive ou insuffisante. C’est pourquoi le raisonnement doit toujours se faire à l’échelle de la ration complète.
Alimentation sans céréales : finalement, quel est le véritable intérêt ?
L’intérêt d’une alimentation sans céréales n’est pas simplement de « retirer les céréales ». Il est de pouvoir construire une ration autour d’autres sources de nutriments, notamment les fibres digestibles et les matières grasses, tout en maîtrisant la quantité d’amidon apportée. C’est une approche particulièrement intéressante lorsque l’on souhaite réduire la part des aliments riches en amidon dans la ration. Mais elle ne doit pas devenir un argument marketing déconnecté des besoins du cheval.
Chez Équidéos, notre démarche repose justement sur cette philosophie. Nous n’avons pas simplement retiré les céréales. Nous avons repensé la formulation autour de la fibre. Depuis près de 10 ans, nous développons des aliments sans céréales en recherchant un équilibre entre fibres, énergie, protéines, matières grasses, vitamines et minéraux, afin de proposer des solutions adaptées aux différents profils de chevaux, qu’ils soient des champions, des jeunes en croissances, des poulinières en gestation/lactation, des chevaux âgés, en activité modéré, au repos, en surpoids, … Une formule correspondra à chaque besoin.
Parce qu’au final, la bonne question n’est pas : « Cet aliment contient-il des céréales ? ». Mais plutôt : « Cet aliment répond-il réellement aux besoins de mon cheval et s’intègre-t-il correctement dans sa ration ? »





