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Piroplasmose, maladie de Lyme et Anaplasmose chez le cheval : quel rôle pour l’alimentation ?

Piroplasmose, maladie de Lyme et Anaplasmose chez le cheval : quel rôle pour l’alimentation ?

Piroplasmose, maladie de Lyme et Anaplasmose sont trois maladies transmissibles par les tiques chez le cheval. Si elles sont causées par des agents infectieux différents, elles ont un point commun : elles peuvent fortement solliciter l’organisme du cheval.

Fièvre, fatigue, baisse d’appétit, perte d’état, baisse de forme… selon la maladie et sa gravité, le cheval peut avoir des besoins particuliers pendant la phase de maladie et surtout durant sa récupération.

Alors, quelle place peut avoir l’alimentation d’un cheval atteint de piroplasmose, de maladie de Lyme ou d’anaplasmose ? Quels sont les points à surveiller ? Et peut-on utiliser des compléments alimentaires pour accompagner le cheval ?

Piroplasmose, Lyme, Anaplasmose : quel est le lien entre ces maladies ?

Ces trois maladies ne sont pas identiques. Elles ont cependant un point commun important : elles peuvent être transmises par des tiques.
La piroplasmose équine est une maladie parasitaire provoquée principalement par Theileria equi et Babesia caballi. Ces parasites envahissent les globules rouges et peuvent provoquer leur destruction. La maladie peut alors s'accompagner de fièvre, fatigue, baisse d'appétit, amaigrissement ou encore d'anémie.
La maladie de Lyme, ou borréliose, est quant à elle provoquée par des bactéries du genre Borrelia. Elle est également transmise par les tiques. Chez le cheval, son diagnostic peut être complexe et la présence d'anticorps ne permet pas à elle seule de conclure à une maladie clinique.
Enfin, l'anaplasmose granulocytaire équine est une maladie bactérienne due à Anaplasma phagocytophilum. Elle est également transmise par les tiques et peut notamment provoquer de la fièvre, de l'abattement, une baisse d'appétit, des œdèmes des membres ou encore des anomalies sanguines.

Trois maladies, trois agents infectieux :

Maladie Agent responsable Transmission principale
Piroplasmose Theileria equi / Babesia caballi Tiques
Maladie de Lyme Borrelia spp. Tiques
Anaplasmose Anaplasma phagocytophilum Tiques

Il est donc plus juste de parler de maladies vectorielles transmises par les tiques que de considérer ces trois maladies comme une seule et même problématique.

Piroplasmose chez le cheval : pourquoi l'organisme est-il particulièrement sollicité ?

La piroplasmose présente une particularité importante : les parasites responsables de la maladie se développent dans les globules rouges. Lorsque ceux-ci sont détruits, le cheval peut développer une anémie et présenter différents signes cliniques : fièvre importante, fatigue, baisse d'appétit, muqueuses pâles ou jaunâtres, urines foncées ou perte d'état. Dans les formes chroniques, les signes peuvent être beaucoup moins spécifiques. 
La maladie peut également évoluer différemment d'un cheval à l'autre. Certains chevaux restent porteurs sans présenter de signes cliniques, tandis que d'autres peuvent développer des formes aiguës ou chroniques. 
Le diagnostic et le traitement de la piroplasmose relèvent donc du vétérinaire. L'alimentation intervient ailleurs : dans l'accompagnement nutritionnel du cheval, notamment lorsqu'il mange moins, perd de l'état ou doit récupérer après un épisode clinique.

Maladie de Lyme chez le cheval : une maladie plus difficile à caractériser

La maladie de Lyme constitue une problématique particulière chez le cheval. La présence d'anticorps témoigne d'une exposition à Borrelia, mais ne permet pas nécessairement d'affirmer que les signes observés chez le cheval sont dus à une borréliose active. Le diagnostic doit donc être interprété dans son contexte clinique par le vétérinaire. Lorsqu'une prise en charge est nécessaire, le traitement repose sur une antibiothérapie prescrite par le vétérinaire. Celle-ci peut notamment entraîner des conséquences sur le système digestif et nécessite un suivi adapté. 
Dans ce contexte, la nutrition ne remplace évidemment pas le traitement vétérinaire. Elle peut en revanche contribuer à maintenir une ration adaptée pendant cette période et à accompagner la récupération du cheval.

Anaplasmose chez le cheval : une autre maladie transmise par les tiques

L'anaplasmose granulocytaire équine est provoquée par Anaplasma phagocytophilum. La maladie peut provoquer une forte fièvre, de l'abattement, une diminution de l'appétit, des œdèmes des membres et des anomalies sanguines. Chez certains chevaux, des atteintes musculaires peuvent également être observées. Comme pour les autres maladies vectorielles, la prise en charge de l'infection relève du vétérinaire. Des traitements antibiotiques sont utilisés et des soins de soutien peuvent être nécessaires dans les formes plus sévères. L'alimentation intervient donc en complément de cette prise en charge, notamment pour éviter que la maladie et la diminution des apports alimentaires ne conduisent à une dégradation de l'état corporel ou de la masse musculaire.

Quel rôle joue l'alimentation chez un cheval malade ?

Lorsqu'un cheval est malade, son organisme peut être soumis à un stress important. Une infection, de la fièvre, une diminution de l'ingestion ou une période d'immobilisation peuvent modifier ses besoins et ses apports. Chez le cheval malade, une alimentation insuffisante peut notamment favoriser la perte musculaire, l'affaiblissement général et une récupération plus longue.
L'objectif est donc de nourrir correctement le cheval pendant qu'il y fait face.

Plusieurs points méritent une attention particulière.

  1. Maintenir une ingestion suffisante de fourrage

    Le fourrage reste la base de l'alimentation du cheval. Même pendant une période de maladie, il est important de préserver autant que possible une consommation régulière de fibres. Chez le cheval adulte, les recommandations générales situent les apports de fourrage autour de 1,5 à 2 % du poids vif par jour, à adapter aux besoins et à la situation individuelle. Si l'appétit diminue, la priorité est donc de maintenir l'ingestion, en proposant un fourrage de bonne qualité, appétent et facilement accessible. En cas de baisse importante de consommation, le vétérinaire et le nutritionniste peuvent être amenés à adapter la ration.

  2. Préserver les apports en protéines

    La maladie, l'inactivité et la diminution de consommation peuvent favoriser une perte de masse musculaire. Les protéines jouent alors un rôle essentiel puisqu'elles fournissent les acides aminés nécessaires au renouvellement des tissus et au maintien de la masse musculaire. Il ne s'agit pas nécessairement de donner « beaucoup de protéines », mais surtout de couvrir correctement les besoins du cheval avec des sources protéiques de qualité. La ration doit donc être réévaluée en fonction de l'état corporel, de l'activité et de l'évolution du cheval.

  3. Être attentif aux apports en vitamines et minéraux

    Les vitamines et minéraux participent à de nombreuses fonctions physiologiques : métabolisme énergétique, fonctionnement musculaire, défenses immunitaires, renouvellement cellulaire… Une maladie ou une période de récupération n'est pas forcément synonyme de carence. Il faut donc éviter les supplémentations systématiques et excessives. L'objectif est avant tout de couvrir les besoins du cheval sans multiplier inutilement les apports. Un complément minéral-vitaminé peut être pertinent lorsque la ration de base ne couvre pas correctement les besoins. Son intérêt doit être évalué en fonction de l'ensemble de la ration.

  4. Limiter la perte d'état et de muscle

    Un cheval qui mange moins, travaille moins et a subi un épisode de maladie peut rapidement perdre de l'état corporel. La récupération ne consiste pourtant pas simplement à « faire reprendre du poids ». Il faut chercher à retrouver progressivement un état corporel et une masse musculaire adaptés, sans surcharger la ration en amidon ou en concentrés. La qualité des protéines, l'apport énergétique et le retour progressif à l'activité doivent être pris en compte ensemble.

  5. Préserver l'équilibre digestif

    Le système digestif est particulièrement important chez le cheval. Une diminution de l'ingestion, un changement de ration, une période de stress ou certains traitements peuvent perturber le fonctionnement digestif. Il est donc préférable de conserver une alimentation aussi stable que possible et d'effectuer les changements progressivement. Les transitions alimentaires permettent notamment au microbiote digestif de s'adapter. Dans certaines situations, notamment après des traitements pouvant affecter le système digestif, un accompagnement nutritionnel ciblé peut être envisagé avec le vétérinaire ou le nutritionniste.

    Et les antioxydants dans tout ça ?

    C'est un sujet particulièrement intéressant lorsqu'on parle de cheval malade ou en récupération. Le stress physiologique associé à une infection, à une inflammation ou à une période de récupération peut s'accompagner d'une augmentation des besoins liés à certaines fonctions de protection cellulaire. La vitamine E et le sélénium participent notamment aux systèmes antioxydants de l'organisme. 
    Mais attention : plus n'est pas forcément mieux. Une supplémentation doit être raisonnée car les vitamines et minéraux peuvent être apportés par plusieurs sources simultanément. Avant d'ajouter plusieurs compléments, il est donc préférable d'évaluer la ration dans son ensemble.

Peut-on donner un complément à un cheval atteint de piroplasmose, Lyme ou anaplasmose ?
Oui, un complément peut avoir sa place dans une stratégie nutritionnelle, mais son rôle doit être clairement défini. Il ne doit pas être présenté comme un traitement de la maladie.
Un complément peut par exemple avoir pour objectif de contribuer à :
- couvrir les besoins en vitamines et minéraux
- soutenir les apports en antioxydants
- maintenir les apports protéiques et énergétiques
- accompagner le maintien de la masse musculaire
- soutenir l'équilibre digestif
- accompagner la récupération après une période de maladie
En revanche, un complément ne doit pas être présenté comme permettant de « traiter la piroplasmose », « éliminer Borrelia », « détruire les parasites » ou « guérir l'anaplasmose ».
Ces maladies nécessitent une prise en charge vétérinaire.

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    Lorsqu'un cheval traverse une période de maladie, de traitement ou de convalescence, son alimentation mérite une attention particulière. C'est notamment le cas lors de maladies transmises par les tiques comme la piroplasmose, la maladie de Lyme ou l'anaplasmose. Ces maladies sont différentes et nécessitent une prise en charge vétérinaire. Mais elles peuvent toutes représenter une forte sollicitation pour l'organisme du cheval.

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